| JE REVAIS |
| Je rêvais il y a quelques temps D’un poète ferblantier Qui me ferait présent, En annexe au calendrier, D’un outil extraordinaire Qui régulerai nos horaires, Et dont les trous réglables Rendraient le temps adaptable. Cet outil heureusement, Ne vit pas le jour, Car raisonnablement, Quand doux m’est un jour, Pour d’autres probablement Il est pénible et lourd. Et si obstinément j’insiste, Le poète délaissera l’égoïste. Alors, à nouveau déçu, Et en en mal d’invention Une idée m’est venue : Poète inventeur : Attention !!! De cette idée géniale Dépends ton aura mondiale. Mets au point pour nous, marioles, Le miroir à réfléchir les paroles. Pas ce pâle magnétophone Qui permet complaisamment Par son « ronron » monotone En position rembobinage, De trouver accessoirement Des excuses à nos bavardages. Non ! Le reflet immédiat Des bévues de l’indélicat. |
J’imagine avec délectation A Versailles un conseil des Ministres Dans la galerie des glaces, en réunion Raides, rigides et sinistres S’entendant déblatérer En traduction simultanée. Mesurant dans son entier De leurs paroles : la futilité. Ainsi que l’individu futile Qui tente sournoisement Par ses envolées serviles, De séduire malhonnêtement La proie frêle et docile Qu’il violera nuitamment. Mesurant sa démarche impie Et de ses paroles : la vilénie. Alors, poète inventeur, Si la tache te semble immense, Economise un peu ta sueur. Et pour filtrer nos sentences A la place d’un tamis, Pourquoi n’essaierais tu pas De graver dans nos esprits Simplement le mode d’emploi : «Avant de parler, tournes sept fois, ami, Ta langue dans la bouche que tu chéris……. » |